Jean-Pierre Arbon

Se taire

J’avais décidé de ne rien dire aujourd’hui, mais paradoxalement, j’éprouve le besoin de le dire : je me tais. Pour faire silence, pour ne pas attiser les querelles. La campagne présidentielle a porté le pays à un point d’incandescence. Ne soufflons pas davantage sur les passions. Tout a été dit, chacun fait désormais son choix en […]

Se taire Lire la suite »

Mal à droite

On disait que la France était à droite, et on a même dit qu’elle était mal à droite, au vu des résultats du premier tour. Il faut croire qu’elle ne penchait peut-être pas à droite autant que ça. Ou bien, comme certains le soutiennent, que le clivage droite-gauche est dépassé. Ou bien encore que c’est

Mal à droite Lire la suite »

Râles et abstention

S’il est une chose que les Français savent faire bien mieux que n’importe quel peuple au monde, c’est râler. Pester, protester, décrier, rejeter, contester, apostropher, moquer, maugréer, menacer, revendiquer, réclamer, manifester, exiger, injurier, enrager, mépriser, provoquer, gronder, fulminer, tempêter, gueuler… : nous avons porté cette manière de nous comporter à un point d’excellence, et notre nuancier

Râles et abstention Lire la suite »

Opinions de campagne

​Les opinions que nous professons relèvent moins de nos idées que de nos caractères. Dans la manière dont elles se forment, ce n’est pas tant notre raison qui est à l’œuvre qu’un ensemble de dispositions émotionnelles et personnelles qu’on peut appeler notre sensibilité ou notre tempérament. Ce sont ces dispositions qui déterminent la façon dont

Opinions de campagne Lire la suite »

Paon de mur

Le paon s’est posté sur le mur du parc. Il est à la lisière de son domaine. Sur sa frontière. Je me demande dans quel état d’esprit il se trouve. Est-il un aventurier putatif, tenté de quitter sa maison et d’explorer les beautés dangereuses du vaste monde ? Ou un citoyen satisfait et vaguement craintif,

Paon de mur Lire la suite »

Quand vous serez bien vieille

— La semaine prochaine, Maman, nous fêterons ton anniversaire. ​— Ah bon ? Et quel âge j’aurai ? ​— Quatre-vingt-douze ans. ​— Ooooh!… Que je suis vieille ! ​— Tu te sens vieille ? ​— Oui, bien vieille… Elle me regarde, et je saisis l’occasion d’entamer avec elle un de ces échanges poétiques qui stimulent en même temps sa mémoire. (Moi)

Quand vous serez bien vieille Lire la suite »