L’ami Béra écrit sur sa page Facebook : « Le bonheur simple, c’est de voir arriver à la queue leu leu trois 38, et de monter s’asseoir à sa place préférée tranquillement dans le 3ème qui est quasi vide. » Venant d’un esprit aussi brillant que le sien, généralement agité de vastes et complexes questions, cette confidence modeste et sincère me touche. Heureux ceux qui savent se contenter de joies simples. Je décide d’en faire un blog.
C’est alors qu’une autre joie simple m’est offerte en retour. En cherchant une illustration pour mon article, je découvre, sur un site dédié à la ligne 38, que cette dernière remonte à Louis XIV, sous le règne duquel apparut pour la première fois un service régulier de voitures destiné au public. Cela me réjouit d’apprendre qu’en janvier 1662, le Roi octroie « la permission d’établir, dans la ville et les faubourgs de Paris, des carrosses qui partiront à heures reglées pour aller continuellement d’un quartier à l’autre » ; que ces carrosses « devaient servir pour la commodité d’un grand nombre de personnes peu accomodées comme plaideurs, gens infirmes et autres… qui pourront estre menez en carrosse pour un prix tout à fait modique… ; à savoir les plus grands trajets pour cinq sols marquez, et les autres à moins » ; et que le 18 mars de la même année, « les rues qui conduisaient de la Porte-Saint-Antoine au Luxembourg furent parcourues par les sept véhicules de la première ligne de carrosses à cinq sols. »
La ligne 38 était née, et il me plait d’imaginer que trois cent cinquante années de joies simples s’inauguraient par la même occasion.