Gaston Bachelard écrivit un jour à Léo Ferré une lettre où il était question des liaisons. « Vous avez bien raison d’élider des s qui veulent sonner du z (…) Tout de même, le pluriel passe la mesure ».
En chantant, plus encore qu’en parlant, il y a en effet une vraie difficulté à bien faire les liaisons, pour les pluriels notamment. Lorsque la consonne passe du sourd, (le léger sifflement du s), au voisé (vibration des cordes vocales du z), la liaison devient parfois encombrante, elle prend une importance qu’elle n’a pas besoin d’avoir. A haute voix, « les ans en sont la cause » devient fréquemment « les zanzans sont la cause », ce qui n’est bon ni pour l’oreille, ni pour le sens. A l’inverse, « les hans hen sont la cause » n’est pas davantage satisfaisant.
Les ouvrages de phonétique nous enseignent que tout se joue dans un équilibre subtil des pressions au niveau de la glotte: « Si la pression supraglottique parvient à égaler la pression sousglottique, le débit transglottique devient nul. Dans ce cas, le voisement cesse et la courbe de Fo [fréquence fondamentale] s’interrompt ».
(Ceci est bien une glotte).
La maîtrise du débit transglottique se trouve ainsi être la clé des chants.
Alors c’est de la peinture…à l’eau, mais on aura du mal à arriver à “Pince…au!”
Magritte et ma glotte sont dans un tableau…
Donc, cette fois et par exception sur ce blog, ceci n’est pas une pipe!