Des bruits de pas dans le grenier de la maison. Un trot rapide de pattes griffues. Mulot, belette, loir ? Peut-être un oiseau.
En pleine nuit, autrefois, avec des sons pareils, mon imagination aurait pu s’enflammer. Les bêtes seraient devenues fantastiques, inquiétantes. Elles se seraient bientôt muées en personnages maléfiques, et je me serais recroquevillé sous mes draps, frissonnant, gorge serrée, yeux grands ouverts dans le noir, attentif au moindre craquement.
C’est fini. Je n’ai plus que le souvenir de ces terreurs juvéniles. Il y a longtemps que je me rendors sans prêter attention à ces grattements et bruits divers. Les souris n’enflent plus en rats monstrueux : mon esprit a perdu ce pouvoir exagérateur. L’enfance est loin.
Le début de la sagesse et le renoncement aux “lunettes de Dieu” ?