des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Ma contribution au grand débat national, la voici. Le titre complet que je lui ai donné est : Faire de la fiscalité l’outil de la préservation de l’environnement, ou fléchir l’intérêt au service de la vertu.

La nature a longtemps été plus forte que l’homme. Aujourd’hui c’est l’inverse. L’homme bouleverse la nature. Toutes les communautés humaines doivent assimiler cette réalité nouvelle et l’intégrer au cœur de leurs politiques.

Préserver les fragiles équilibres de la planète est la condition de notre survie. Si l’on raisonne à 50 ou 100 ans, aucune autre question ne l’emporte sur celle-ci. Effondrement de la biodiversité, dérèglement climatique : comme disait l’autre (en l’occurrence M. Chirac), « la maison brûle ». Par conséquent, l’Etat (et, à la vérité, tous les états du monde) doivent toutes affaires cessantes s’occuper d’éteindre l’incendie et intégrer cet objectif de préservation. Il faut radicalement corriger notre mode de développement économique. Comme celui-ci est fondé sur l’argent et la recherche du profit, c’est là qu’il faut agir. Pour l’Etat cela s’appelle fiscalité.

Plus rien de ce qui pollue ou détruit ne doit être exempt de taxes ou d’impôts, à l’instar de ce qui se fait pour le tabac. A l’inverse, toute modification de comportement vers un mode de vie écologiquement “vertueux” (énergies renouvelables, diminution de l’empreinte carbone, consommation locale et circuits courts, etc) doit faire l’objet d’un accompagnement économique. On recherchera donc sur le plan fiscal à mettre en place toutes les incitations et toutes les dissuasions possibles, aussi bien pour les sociétés que pour les particuliers. On pourrait par exemple rétablir l’ISF, et instituer une exonération pour tout investissement ou dépense visant directement ou indirectement à restaurer l’environnement et la biodiversité. Même chose pour les déductions sur l’IS ou l’IR. Quant aux taux de TVA sur les biens et les services, ils devraient être proportionnels à l’impact que ces biens et services ont sur le biotope ou le climat.

La Rochefoucauld remarquait que « les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer ». L’Etat n’a pas de plus grande responsabilité aujourd’hui que de fléchir l’intérêt au service de la vertu. Ce n’est plus une affaire de morale, c’est une question de vie ou de mort.

5 réponses à Fléchir l’intérêt au service de la vertu ​

  • Tout à fait d’accord avec l’appréciation d’Hervé Buju-Duval sur les éoliennes, cette extrême fumisterie, ce non-sens économique, ce contre-sens écologique.

    • Hervé, Pierre-Paul : j’aurais dû y penser plus tôt ! Vous menez le même combat, tous les deux, et pour grosso modo les mêmes raisons : vous auriez certainement intérêt à vous rapprocher et à coordonner vos efforts. Amitiés à tous les deux

      • D’accord, rapprochons-nous, cher PPF !

        Première manière de le faire : écrire (vous et de très nombreux autres lecteurs) au commissaire enquêteur (mairie d’Argenteuil sur Armançon dans l’Yonne, adresse mail suivante (enquete-publique-1165@registre-dematerialise.fr ) pendant l’enquête publique du 8 mars au 11 avril, pour lui dire :
        Que la covisibilité avec le château Renaissance d’Ancy-le-Franc, 45 000 visiteurs par an, des éoliennes projetées par Voltalia est insupportable.
        Que les populations n’ont pas été consultées en amont.
        Qu’elles accroîtront le CO2 puisque le vent étant intermittent (facteur de charge bien inférieur à 20% chez nous, bref ça marche un jour sur cinq) il faut suppléer par des centrales à gaz ou à fuel, qui polluent.
        Que donc plus il y a d’éoliennes, plus cela pollue.
        Qu’elles sont en projet dans la région la moins ventée de France, la Bourgogne Franche-Comté.
        Que les subventions à l’éolien, c’est à dire à des sociétés privées, payées par nous tous, soit 16% de nos factures EDF, ça suffit.
        Que la révolte gronde dans les territoires. Pas chez les urbains, ils ne sont pas confrontés au sujet et pour beaucoup d’entre eux pensent que l’éolien est un progrès (comme disait Coluche, c’est pas parce qu’on n’y connaît rien qu’il faut fermer sa g…).
        Que ce n’est pas une énergie propre.
        Que la balance commerciale souffre, puisqu’elles sont construites en Chine, en Allemagne, au Danemark et qu’on en importe plus de 1 000 par an, à 3 à 4 M d’euros chacune, tout compris.
        Que cela ne crée pas d’emplois (30 en Bourgogne pour la maintenance, source préfecture).
        Que les 600 kg de terres rares dans la nacelle, il faudrait que le promoteur en parle.
        Que nous avons déjà plus de 100 éoliennes dans un rayon de 20 km autour du projet Voltalia.
        Que 25 éoliennes de 242m de haut sont en projet en pleine forêt à 7 km de distance du château d’Ancy-le-Franc. 242 m, c’est la hauteur d’un immeuble de 80 étages pour chacune, c’est 30 m de plus que la tour Montparnasse.
        Que nos paysages sont défigurés alors que la vallée de l’Armançon constitue un paysage emblématique voire d’exception (source préfecture de l’Yonne).
        Que le tourisme vert va mourir, les gens refusant de séjourner à proximité d’éoliennes industrielles.
        Que le démantèlement est une vaste fumisterie : 50 000 euros provisionnés par le promoteur alors que cela coûte 300 à 500 000 euros par éolienne. Les allemands le découvrent et s’en mordent les doigts, le promoteur étant souvent loin, ayant depuis longtemps revendu à un investisseur qui se trouve en Chine, aux Bahamas ou chez la veuve écossaise. Le coût du démantèlement est donc in fine à la charge des communes ou des propriétaires privés.
        Que nous concentrons dans le Sud de l’Yonne 35 des 35 parcs répertoriés dans ce département. Qu’une éolienne ne tue pas 0,4 à 1,2 oiseau par an (source ADEME) mais bien entre 200 et 300, et aussi 200 à 600 chauves-souris par an (source Conseil Mondial pour la Nature).
        Que passer de 8 000 éoliennes aujourd’hui à 15 000 dans 10 ans c’est pure folie car jamais cette énergie renouvelable ne pourra répondre aux besoins en électricité de la France. Actuellement, elle en fournit 4% alors qu’on en exporte bon an mal an 14% puisque nous produisons plus que nous ne consommons.
        Que la facture de l’électricité est en passe de doubler, comme en Allemagne.
        Bref, que l’on se moque de nous pauvres payeurs.
        Etc.etc.

        Merci JP de faire le “go between”.
        Ton blog serait-il en train de changer la face du monde ?
        De virer vrai écolo ?
        De permettre le partage d’informations ?
        De devenir sérieux ?

        Je t’embrasse.

        Hervé Biju-Duval
        Président de l’Association Paysages et Forêts de l’Armançon

        • Solutions:
          – fusion nucléaire, une fois que la techno est bien maîtrisée
          – énergie solaire (si, si…) même si elle contribuera à enrichir nos amis chinois 😀

  • Très bien JP. Sauf que sur les énergies renouvelables, et en particulier l’éolien, tu vas un peu vite. Je croyais comme toi que c’était merveille, l’étude approfondie des dossiers montre qu’on n’est que dans l’intérêt, jamais dans la vertu. Rien d’écolo, rien qu sauve le climat. Du fric, que du fric.
    Du coup, j’ai écrit une pièce de théâtre qui s’intitule “Avant, j’aimais les éoliennes”.

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