des mots d'amour et des chansons… c'est bien là tout le nécessaire

Jacques a gardé le lit. Nous parlons tranquillement de choses profondes, et de tout ce que l’on ne comprend pas.

Je lui récite le Colibri de Leonard Cohen : les ailes qu’on ne voit pas, l’esprit qui n’a pas besoin d’être. Il laisse un temps de silence, puis me dit : — La poésie court-circuite tout. Les philosophes noircissent des pages et des pages pour cerner ce que le poète dit en trois mots.

Il fait le rapprochement avec l’histoire de Rumî : « — Maître, tu ne nous dis rien aujourd’hui ? — Non, mais l’oiseau a chanté. » — Au fond, tout est là, poursuit-il. L’esprit de Dieu n’a pas besoin d’être en tant qu’esprit. Il est dans la Vie, dans la création. Il est la Vie.

Notre conversation enchaîne sur la quête perpétuelle d’explications à laquelle se livrent les hommes : pourquoi ceci, pourquoi cela ? Et pourquoi cela plutôt que rien ? — Nous cherchons toujours une raison, observé-je. On sépare toujours la raison d’être et l’être. Mais ça n’a sans doute pas de sens.

— Ah, c’est très profond cette remarque, repart-il, il faudra que vous la notiez ! Puis il répète dans un souffle : « Écoute le colibri, ne m’écoute pas moi ».

 

 

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